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La pensée? Une bien belle saleté...
Kirk
lupi_de_lune
Comment décrire ce processus que je ne comprends pas vraiment? Petite tentative de philosophie...

L'art (car oui c'en est un) de redessiner son avenir par la pensée à chaque minute qui passe est un poison insidieux, une drogue douce, un appel irrésistible qui consume celui qui l'emploie. Au plus le penseur s'y complaît, au moins il tire satisfaction de sa vie.

Chaque nouveau mot prononcé, chaque nouvelle action accomplie ouvre la voie à d'infinies possibilités de scénario. En bon être humain, le penseur envisagera toujours celui qui l'attire le plus. Or rien ne se passe jamais comme on le prévoit. Un nouveau mot est prononcé, une nouvelle action est accomplie, et tout est à refaire, il faut de nouveau envisager la possibilité la plus attrayante avec les nouvelles données.

Exercice intéressant à des heures perdues, il offre au penseur qui n'a que peu de temps pour lui l'occasion de se plonger et projeter pour son bon plaisir. Bouffée d'air frais, une fois l'imagination satisfaite, le penseur peut de nouveau se remettre à son activité avec une pleine concentration.

Mais c'est une tout autre histoire pour un penseur libre de penser tout le temps. Sans activité forcée, le cerveau ne se concentre pas sur quelque chose qui capte toute son attention, et il vagabonde comme il le souhaite. Le penseur libre est un être humain au repos permanent. Un être humain qui s'ennuie, en somme. Et pour peu que cet être humain soit doté d'une imagination suffisante, il comble cet ennui par la pensée. Projeté dans des possibilités invraisemblables mais existantes tant que l'indicateur temporel n'est pas passé, ce penseur trouve sa réalité de plus en plus morne et immobile. Le cercle vicieux est entamé. Penser pour ne pas s'ennuyer devient à ce point intéressant que le besoin d'ennui devient indispensable pour penser.

Pour peu qu'on ait goûté à cet art vicieux, on ne peut plus jamais s'en passer. Le sevrage peut toujours être envisagé, mais la rechute est si simple et plaisante qu'au moindre soupir, la pensée revient au grand galop. Le penseur libre, même s'il trouve le moyen de ne pas s'anéantir en occupant suffisamment ses journées pour accaparer son attention, le restera à vie.

Quelle bien triste vie que celle d'un penseur libre. D'autant plus triste si ce penseur possède tout ce dont il a besoin pour être heureux.

Pourquoi suis-je devenue un penseur libre?
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J'ai rieeeeeeen compris XD

C'est pas grave, c'était juste pour le plaisir d'écrire de belles phrases!

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